Posons
\(P(x,y) = \sin y\) et
\(Q(x,y) = x\cos y - \sin y\text{.}\)
Si le champ
\(\vF\) était conservatif, nous devrions avoir une fonction
\(f\) telle que
\(\vF = \vnabla f\text{,}\) de sorte que notre champ serait un champ gradient et donc (la composante
\(\vk\) de) son rotationnel devrait être
\(\vZero\text{.}\)
On calcule directement
\begin{gather*}
(\vnabla \times \vF) \cdot \vk = \pdiff{Q}{x} - \pdiff{P}{y} = \cos y - \cos y =0.
\end{gather*}
À ce stade-ci, nous savons que notre champ
\(\vF\) passe le test de dépistage pour les champs conservatifs. Afin de calculer l’intégrale de ligne qui nous intéresse, il nous faut plus que ça : nous devons connaître une fonction potentiel. On cherche donc une fonction
\(f\) vérifiant
\begin{gather*}
f_x(x,y) = P(x,y) = \sin y \qquad \text{ et } \qquad f_y(x,y) = Q(x,y) = x\cos y - \sin y.
\end{gather*}
En intégrant la première de ces égalités par rapport à \(x\text{,}\) on obtient
\begin{gather*}
f(x,y) = \int f_x(x,y)\, \dee{x} = \int \sin y\, \dee{y} = x\sin y + \phi(y).
\end{gather*}
En effet, il faut noter que, lorsqu’on intègre par rapport à \(x\text{,}\) il faut ajouter la « constante d’intégration ». Ici, « constante » veut dire « constante par rapport à \(x\) », il peut donc s’agir d’une fonction de la variable \(y\text{.}\)
Par ailleurs, on a aussi
\begin{gather*}
Q(x,y) = f_y(x,y) = \pdiff{}{y} \left(x\sin y + \phi(y)\right)\text{,}
\end{gather*}
ce qui donne directement \(x\cos y -\sin y = x\cos y + \pdiff{\phi}{y} \text{,}\) d’où
\begin{gather*}
\pdiff{\phi}{y} = -\sin y\text{.}
\end{gather*}
Il suffit alors de choisir \(\phi(y) = \cos y + K\text{,}\) ce qui mène à
\begin{gather*}
f(x,y) = x\sin y + \cos y + K\text{.}
\end{gather*}
La valeur de l’intégrale de ligne est donc
\begin{gather*}
\int_{\cC} P\dee{x} + Q\dee{y} = \int_{\cC} \vnabla f \cdot \dee{\vr} = f(0,1)-f(1,0) = \cos 1 - 1\text{.}
\end{gather*}
Remarquons que le calcul de l’intégrale de ligne selon la définition aurait mené, avec le paramétrage usuel du cercle, \(\vr(t) = \cos t\, \vi + \sin t\, \vj\) avec \(t\in [0,\pi/2]\text{,}\) à l’intégrale
\begin{align*}
\int_{\cC} P\, \dee{x} + Q\, \dee{y} \amp= \int_\cC \sin y\, \dee{x} + \left(x\cos y - \sin y\right)\, \dee{y} \\
\amp = \int_0^{\pi/2} \sin y(t)\ x'(t) + \left[x(t)\cos(y(t) - \sin y(t)\right] y'(t)\, \dee{t} \\
\amp= \int_0^{\pi/2} \sin(\sin t)(-\sin(t)) \\
\amp \qquad + \left[ (\cos t) \cos(\sin(t) - \sin(\sin t) \right] \cos t\, \dee{t} \text{,}
\end{align*}
qui n’est pas particulièrement invitante.
Dans cet exemple, on aurait pu commencer en intégrant par rapport à \(y\text{,}\) c’est-à-dire en partant de
\begin{gather*}
f_y(x,y) = x\cos y - \sin y,
\end{gather*}
pour obtenir
\begin{gather*}
f(x,y) = \int x\cos y - \sin y\ \dee{y} = x\sin y + \cos y + \psi(x).
\end{gather*}
Le résultat aurait été le même.